L’Afrique, au péril d’une idéologie raciste: XVIII-XIXème

L’Afrique berceau de l’humanité, voilà quoi de spécifique que nos alter-ego, nous ont insidieusement concédé comme titre honorifique, pour flatter notre égo et caresser dans le sens du poil.

On ne se repose pas sur son laurier ! Disait, un vieil adage.

Pourtant, un fait historique, avéré, accepté et communément admise par une majorité écrasante de la galaxie de historiens de renoms du monde entier, même si de fois, il fut revisité et révoqué dans le passé par des idéologues, pour n’est pas dire de savants rationnels.

Tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute ! disait, le fabuliste vis à vis de flagorneurs opportuniste et sans scrupule.

Au-delà, de ce discours laudatif et mirobolant qui n’est rien d’autre qu’un écran de fumée, et de la poudre aux yeux, se construit une pensée raciste et diamétralement opposée à la première vers la fin du XVIIIème et le début du XIXème. Nous assistons, un réel paradoxe entre ces tintamarres apologique orchestrés couplé d’un jet du haut de la falaise : ces doubles attitudes intiment l’homme noir de souffler le chaud et le froid. Cette idéologie faite de toute pièce qui n’a rien de raisonnable, encore moins de scientifique et d’humaniste commença à façonner la vie politique européenne, dans une période ou l’Europe traverse un moment de tension : entre les paysans, les serfs et les seigneurs féodaux. La loi du plus fort régnait en Europe. Les tiers-état échoppent entre culte du roi, le mépris de la noblesse et l’exploitation ecclésiastique.

Les paysans sont sommés entre corvée et manque de terre qui leurs appartiennent. Aller vers d’autre contrée, s’installer sous des autres cieux, était la seule aspiration des misérables paysans épris de liberté et une vie meilleur, une façon de se réinventer un nouveau destin.

En ce temps, l’Afrique écrivait les plus belles pages de son histoire. Des grands empires sont à leur apogée, par leurs commerces florissants, les cultes des verbes, les foisonnements des livres, les nombres importants des bibliothèques. La présence des étudiants étrangers sur la terre africaine si soucieux d’apprendre le savoir que recèlent les universités africaine. La science est en pleine éclosions, les grands livres de références de tout domaine furent traduits à des langues africaines.

Comment comprendre le contact entre ces deux peuples foncièrement antinomique ?

 

I)          Les architectes de la pensée racialiste

De Blumenbach, à Gobineau, de Hegel à E. Kant, de Voltaire à Renan, une pensée raciste a pris naissance dans le méandre d’une réflexion biaisée, subjective au demeurant saugrenue.

Blumenbach fut pionnier en dessinant le contour et le rouage de la politique racialiste à l’occidental et le comportement qu’elle adoptera vis-à-vis de noirs .V. Hugo a donné le coup d’envoi et légitima allègrement la conquête ubuesque, kafkaïenne   de la terre africaine tout en prétendant sa vacuité. Il tomba dans le déni de peuple noir, en foulant aux pieds sur la dignité et sur l’honneur de l’homme noir, d’où ’il qualifie sciemment des sous-hommes.

L’écrivain français Victor Hugo, auteur obligatoire au programme des écoles de l’Afrique francophone, donnait lui, le sens de l’action déjà le 18 mai 1879 : 

« Cette Afrique farouche n’a que deux aspects : peuplée, c’est la barbarie, déserte, c’est la sauvagerie, mais elle ne se dérobe plus.
Au dix-neuvième siècle, le blanc a fait du Noir un homme ; au vingtième siècle, l’Europe fera de l’Afrique un monde.
Refaire une Afrique nouvelle, rendre la vieille Afrique maniable à la civilisation, tel est le problème. L’Europe le résoudra. Allez, Peuples ! Emparez-vous de cette terre. Prenez-la. A qui ? A personne. Prenez cette terre à dieu. Dieu donne la terre aux hommes. Dieu donne l’Afrique à l’Europe. Prenez-là » 

Cet extrait, à lui tout seul incarne ce qu’il y’a d’infâme, d’ignominie et d’ignoble. Il a nié l’apport de l’homme noir dans les aventures et la richesse humaine. Pire, il a mis l’Afrique à la margelle de l’Histoire et tout simplement en dehors du concert des peuples. Dans cette imposture épineuse, une nouvelle histoire sans l’Afrique se conçoit et donne naissance à une philosophie d’exclusion, celle qui débusque l’homme noir du reste de l’humanité pensante.

II)       L’impact d’une idéologie raciste sur le sort de l’homme noir.

Une politique européenne basé sur la supériorité de race, feutré et émaillé par le mythe de Thulé (aryen) et consorts est née au début du XVIIIème siècle. En somme, animé par un esprit suprématiste qui se donne unilatéralement pour mission à la conquête, en se couvrant sournoisement le manteau d’une pseudo-civilisation qui troublera la stabilité de peuples africains comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. De fait, la société africaine se voit envahit, saccagé et asservis par des conquérant cupides et cruels qu’il ignore d’où ils viennent et par conséquent pourquoi ils leurs déciment?

L’homme noir se voit déferler sur lui un monde étrange qu’il ne connaisse presque rien. A la merci, d’un destin compromis et un avenir brumeux, ténébreux et presque nébuleux.

Cette conception au demeurant fallacieuse a malheureusement nourrit et orientée deux grandes tragédie que l’Afrique a subit amèrement dans l’histoire : l’esclavage et la colonisation.

La douleur que l’Afrique ressent n’est date pas d’hier mais remonte des siècles en   siècles.

III)    La falsification de l’histoire africaine.

Dans la recherche actuelle, l’on ignore le dessous, les causes réelles qui découlent de l’hémiplégie dont l’Afrique souffre. Or, ils appuient sur le statu quo actuel pour nous donner des explications prétentieuses, déroutantes et bancales. Lorsqu’il s’agit de parler de l’Afrique, remonté son passé pour en saisir quelques informations historique qui nous aiderons à mieux comprendre ou à appréhender le présent demeure une démarche inexplorée et inexploitée. Pire, il faut qu’un non africain parle à notre place et qu’il s’en charge à notre plaidoirie avec une arrogance éculée. Sous un œil ringard, muni d’une lunette d’un ethnologue nostalgique ou d’un africaniste à l’affut du catastrophe, allergique d’offrir l’Afrique une image gratifiante dans le livres et dans les médias dominants. Un continent meurtrit, indument moqué et tourné à la dérision, voire à un fait d’hivers et tout simplement rangé dans les rangs des mythes

Ignorée une partie de l’histoire de l’Afrique consiste de nier une étape de l’histoire qui est de fait, un chainon, une passerelle entre le passé et le présent. Evité de prendre au sérieux, avec une rigueur scientifique de l’histoire de l’homme noir est une véritable imposture

 

IV)      l’Histoire est prise en otage au détriment de l’Homme noir.

 

L’ignorance crasse couplée d’une indifférence insultante desserve les causes de ces millions d’hommes et de femmes victimes du plus odieux de commerce. Ces derniers ont été asservis, avili, arraché de leur terre natale sans consentement. Ils sont déportés avec de bateaux dans de conditions épouvantables vers le nouveau monde, l’euphémisme, d’une destination inconnue. Ils ont gouté âprement et amèrement la douleur de la scission, la cabale criante, les rafles inopinées, le transport surencombré au fond de cale. Dans, ce long et pénible périple, des nombres incommensurables des hommes et de femmes étouffés asphyxiés rendaient horriblement l’âme et pire se voyaient jeter dans les mers et dans les océans à la merci des requins, de baleines et quelques petits poisson s’invitent dans le décor lugubre et prennent part à ce festin et ce banquet funèbre. Ils ignoraient ceux qui leurs attendaient   au bord de nouveau monde. Une fois, arrivé à cette nouvelle terre, fatigués ils sont accueilli par des hommes, qui seront désormais, leurs maitres. Ils n’ont point eu droit à un verre d’eau, à une tendresse, un accueil chaleureux mais un coup de fouet, telle une bête de sommes. Ce dernier, fut le premier contact entre l’homme déporté et son supposé « maitre ». La tragédie de l’homme noir dura plus de quatre siècles d’esclavage, d’humiliation et de déshumanisation.

 

V)         Le travail de l’homme noir contribue à l’essor et la puissance occidentale.

Qui disait que le malheur des uns fait le bonheur des autres ? Un rapport manichéen, s’impose entre les déportés et son nouveau maitre : maitre et esclave, acteur et agent, oppresseur et opprimé bref deux hommes foncièrement antinomique. Le maitre attribut des taches et de corvées a son esclave. A l’aube, de la première apparition des aurores   matinal l’esclave se voit réveiller par un coup de fouet, pour s’adonner à ses activités journalières, telles servir son maitre, labouré les champs, traire et nourrir les cheptels et tous les autres taches imprévues qui relève de caprices de son maitre.

Les travails considérables des esclaves, ont prospéré les agricultures européennes et américaines, enrichit les capitalistes sans vergognes. Sans ces travails dure et pénible de ces hommes et de ces femmes, l’occident n’aurait jamais gouté une prospérité et encore moins connu une puissance hégémonique.

 

VI)      Lorsque l’homme noir décide de se libérer.

Les temps passent et la tragédie et la misère de l’esclave, s’étendent et s’étalent à un horizon sans fin. Rongé par un désespoir qui lui plonge dans une désolation et dans un désarroi profond.

Les jours se suivent mais ne se ressemble point !

La flamme de la liberté commence de naitre au fur et à mesure dans les cœurs brisés   marqués par mille et une cicatrices des esclaves. L’homme noir porte en lui tout seul les affres du temps, de toutes ses trahisons, lynchages, humiliations gravées comme une scarification.

Ils se rassemblèrent en secret et à huis-clos, dans le   but de solutionner leurs problèmes afin d’apporter une solution aux diverses humiliations infligées au quotidien. De fait, ces hommes et ces femmes qui sont de damnés de la terre, ont une fois décidé, de prendre leur destin en main. La tâche est immense et loin d’être aisé, celle de se libérer du joug de l’esclavagiste, très armés, très policés. Ils se sont consenti à quelques options pour manifester leurs ras-le-bol : soit se suicider, avorter, tuer ses nouveaux nées( de peur qu’ils deviennent eux aussi des esclaves), prendre la fuite ou incendier les plantes etc… Les premiers téméraires prennent la fuite. Malheureusement, le maitre est équipé par de chevaux bien dressés et très rapide pour attraper et rendre en cendre l’espoir de tous fugitifs, voulant s’échapper de cette condition infernale.

Ceux qui ont été rattrapé étaient : soit suppliciés par le maitre ou soit envoyé vers W. Lynch (un dompteur des esclaves rebelles, d’où son nom a inspiré le verbe « lyncher » ) pour qu’il leurs donne « une bonne correction ». Ce monsieur avait l’habilité et spécialiste de méthodes de tortures, de matages qui avaient pour vocation de rendre serviles et obséquieux l’esclave. Quoiqu’il y’a une disproportion pas du tout graduer entre la fuite de l’esclave et la riposte démesurée infligé par le maitre. L’esclave demeurera insensible à ces agissements atroces de son bourreau et continue sur sa voie. Soucieux et épris par la justice et par la liberté, l’esclave est plus que jamais décidé. Convaincu, que seul l’effort et la volonté qui réside dans son for intérieur pourraient lui mener vers une gloire certaine.

Pris conscience, de la détermination de son esclave, le maitre se voit sur sa tête un ciel nébuleux et une atmosphère glauque qui laisse profiler un horizon brumeux et semer d’embuche et de doute. Il se sent menacer par les évènements qui lui dépassent et qu’il ne peut maitriser désespérément.

A qui, revient, l’honneur de cette fierté si douloureusement acquise ?

VII)   Les libérateurs par la plume: les restaurateurs de la conscience noire

Il fallait attendre à la fin du XIX ème siècle : « l’égalité de race », un puissant opuscule qui met le pendule à l’heure et qui redore le blason de l’homme noir. Ecrit par le brave penseur et anthropologue noir, Anténor Firmin. Dans ses lignes au demeurant pamphlétaire, il   déconstruisit et tordu   le cou à cette lugubre pensée qui se veut linéaire et raciste du controversé Gobineau. L’ouvrage (l’inégalité de race) de ce dernier dépeint en prenant à corps un sujet aussi complexe qu’est la race noire. Il développe un discours subjectif et douteux qui jette l’opprobre et le déshonneur sur l’homme noir et à la même occasion il se saisi d’une plaidoirie sur la supériorité de la race blanche.

À la moitié du xxème siècle, dans les grandes universités européennes se lèvent des voix discordantes qui contestent l’iniquité infligée aux hommes noirs. Une génération avertie, une cohorte des jeunes intellectuels qui sont épris de la liberté et aspiraient un respect sans équivoque de la race noire. La mobilisation pour défendre la cause de peuples noirs indument manqué a interpellé lors du congrès des écrivains et artistes noirs à Paris, la Sorbonne tous les intellectuels noirs du monde entier dont  Aimé CésaireRichard WrightAmadou Hampâté BâJames Baldwin, Joséphine Baker et d’autres fortes personnalités, même si l’absence de l’éminent penseur E.B.Du Bois fut amèrement ressenti. Dans ce congrès, le jeune et fougueux A. Césaire proféra un propos coriace mais légitime et juste. Il intima le monde entier qu’on donne la parole à l’homme noir et qu’on laisse entrer l’homme noir dans la grande scène de l’Histoire.

Ce congrès solennel jeta les jalons et la basse de la première revendication intellectuelle de l’homme noire.

Le mérite revient à un jeune homme hors pair qui prendra le devant de la scène intellectuels engagés, et à la même occasion a réussi de balayer la dictature de la pensée unique, à l’occidentale.

Qui est-ce, cet homme au destin si particulier et qui nous a marqué des générations en générations africaines ?

Une thèse doctorale édifiante fut soutenue à la Sorbonne en 1956 par un jeune et brillant étudiant africain, en la personne de Cheihk Anta Diop. Une thèse inénarrable qui a déjoué, terrassé et renversé la théorie hégélienne qui mettait l’Afrique au banc du monde civilisé et rendra par procuration un peuple sans histoire (anhistorique).

C’est un défi de taille dont le talentueux Cheihk Anta Diop se livra à relever. En écrivant, son livre maitre « Nation nègre et culture », il jeta le pavé dans la marre. Ce livre a fait couler beaucoup d’encre, et dressa une polémique et de jugements mitigés. Pour le noir, il fut le livre le plus osé d’un nègre mais pour les hommes blancs, ils prétendirent que c’est un livre qui charrie des arguments et une thèse fallacieuse. Pour eux, difficile à avaler une couleuvre venant de leur ancien esclave. N’en déplaise, ce livre fut accueilli, dans le milieu des intellectuels noirs et les autres intellectuels objectifs comme un ouvrage de haute érudition qui mérite une référence académique.

Depuis ce jour-là, l’homme noir a repris sa plume et sa voix pour que lui-même use à sa guise et a son intérêt.

Pour la première fois dans l’Histoire, les deux plus grands savants et hommes de cultures à savoir, J.Ki-zerbo et Cheihk Anta Diop furent chargés par Unesco, la rédaction de l’histoire de l’homme noir qui va de la préhistoire, de l’antiquité, du moyen âge, jusqu’à l’histoire postcoloniale des états africaines. Actuellement, nombreux sont, des historiens, anthropologue, et homme de cultures noirs qui s’inscrivent dans ce paradigme qui barre la route à toute idée de suivisme, il s’agit de ces éminents : Théophile Obenga, Gregoire Biyogo, Bilolo, Tidiane N’diaye etc…

 

 

 

                 Conclusion

 

En guise, de conclusion, ces modestes lignes, est loin d’être prétentieuses et n’offrent point un discours entier et intégral. C’est juste un état de lieu, d’un passé douloureux africain, rangé indument dans le tiroir de l’oubli que nous avons tenté dans la mesure du possible d’exhumer et de porter au grand jour et tout simplement à la connaissance des africains en particulier et les autres peuples en général. Ceci, est un article qui formule quelques durs moments historiques de l’homme noir, la partie émergée de l’iceberg à souhait. Le but, de cet écrit est d’inviter à nous autres homme noir de prendre conscience qu’aux états actuels de l’Afrique gisent les âmes, les sangs et les oses des aïeux et des aïeuls morts pour de bonne cause, qui ont sacrifié leurs vies pour que leurs enfants aient un destin meilleur et décent. Ils nous ont légués une liberté si douloureusement acquise afin que nous puissions vivre dignement.

Ces parents, ces martyrs et ces trépassés méritent d’être reconnus, inscrit dans les rangs des grands hommes, qu’ils rejoignent et prennent place dans le panthéon de l’homme noir. L’honneur voudrait qu’on leurs fassent entrer dans l’histoire africaines, d’apprendre aux enfants noirs ces héros et ces héroïnes et de faire une commémoration inaugurale. Est-ce trop demandé ? Pour comprendre et appréhender la situation actuelle de l’Afrique, nous remonterons le temps pour cerner de plus près les causes de ces hémiplégies abyssales que l’Afrique traverse actuellement. Nous-nous pencherons et mettrons l’’accent en effet, dans nos prochaines interventions, sur l’Afrique et les grands rendez-vous du monde. A la même occasion, nous-nous attèlerons, si l’Afrique était consulté ou membre de ces grands rendez-vous (la conférence de Berlin, le traité de Versailles, le conférence de Yalta, le tribunal de Nuremberg, la rédaction de la charte du droit de l’Homme, la création des institutions de brettons Wood( banque mondiale, F.M.I etc. ..) l’ONU etc.…)qui ont façonné le monde moderne.

 

 

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s